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    • Les pinceaux dans les techniques japonaises de teinture

      Au Japon, l’outil n’est jamais considéré comme un simple accessoire technique : il fait partie intégrante du geste et de la transmission du savoir-faire. Dans les arts traditionnels, qu’il s’agisse de calligraphie, de peinture ou de teinture textile, le pinceau occupe une place centrale. Sa forme, la nature de ses poils, la longueur de son manche ou encore la densité de la fibre sont toujours pensées en fonction de l’action à réaliser et du mouvement du corps.

      Katazome

      Dans les techniques de teinture japonaises, en particulier celles développées pour la décoration des kimonos, une grande variété de pinceaux et de brosses a été mise au point au fil des siècles. Chaque outil correspond à un geste spécifique : frotter la couleur, tirer la teinture sur le tissu, déposer un dégradé subtil ou encore préparer la surface à teindre. La diversité des formes (rondes, plates, larges ou très fines) permet d’adapter l’application de la couleur à la précision du motif ou à l’étendue de la surface.

      Les pinceaux présentés ci-dessous illustrent cette diversité d’outils et de gestes propres aux pratiques traditionnelles de la couleur au Japon.


      Pinceau Surikomi

      Le terme surikomi signifie littéralement application par frottement. Avec le pinceau Surikomi la couleur est déposée progressivement sur le tissu par pression et mouvements circulaires.

      Pinceau Surikomi

      Fonctions

      • remplir des motifs de petite taille
      • travailler des zones précises du pochoir
      • créer des nuances et textures subtiles

      Caractèristiques

      • petit pinceau dense
      • manche en bambou
      • mélange de poils de cheval et de daim

      GESTE

      • pressions répétées jusqu’à petits mouvements circulaires

      Brosse ronde Bokashi

      La brosse ronde Bokashi sert principalement pour l’application de la couleur par frottement à travers un pochoir katagami et pour la réalisation de dégradés très subtils appelés bokashi.

      Brosse_ronde_Bokashi

      Fonctions

      • créer des dégradés subtils
      • mélanger et fondre les couleurs
      • appliquer la teinture par frottement à travers un pochoir

      Caractèristiques

      • tête ronde et dense, poils souples de daim
      • manche en cyprès du Japon
      • excellente rétention de couleur

      GESTE

      • petits mouvements circulaires réguliers pour diffuser progressivement la couleur

      Brosse Hikizome

      La brosse Hikizome est utilisée dans la technique de teinture du même nom. Elle consiste à appliquer la couleur sur le textile en tirant la teinture avec une large brosse, afin d’obtenir des aplats réguliers ou de grands dégradés.

      Brosse_Hikizome

      Fonctions

      • appliquer la teinture sur de grandes surfaces
      • réaliser des fonds uniformes ou dégradés
      • humidifier ou préparer le textile

      Caractèristiques

      • Largeur brosse entre 10 et 18 cm
      • poils longs et souples en daim
      • forte capacité de diffusion de liquide

      GESTE

      • tirer la couleur en longs mouvements réguliers sur le tissu

      Brosse japonaise

      Dans les pratiques textiles, la brosse japonaise est particulièrement utile pour préparer les surfaces avant la teinture. Elle est également très agréable à utiliser pour certaines teintures naturelles comme le kakishibu.

      Brosse_japonaise

      Fonctions

      • appliquer des solutions de préparation (konjac, gojiru)
      • humidifier les surfaces textiles ou papier
      • lisser des surfaces ou étaler des matières

      Caractèristiques

      • manche en bois de pin, poils de chèvre
      • brosse large et souple
      • très grande capacité d’absorption

      GESTE

      • passages doux et réguliers pour étaler uniformément le liquide

      Ces outils sont traditionnellement fabriqués à partir de matériaux naturels : bois de cyprès ou de pin pour les manches, bambou, poils de cheval, de daim ou chèvre. Le choix de ces matières contribue à la souplesse du geste, à la capacité d’absorption et à la diffusion progressive de la couleur sur le textile ou le papier.
      Cette approche est étroitement liée à la pratique des couleurs naturelles. Les teintures sont souvent appliquées en couches fines et successives, ce qui demande un contrôle très précis de la quantité de liquide et de la pression exercée. Les pinceaux permettent ainsi de travailler la couleur avec délicatesse, de créer des nuances très subtiles et d’obtenir des dégradés caractéristiques des esthétiques japonaises.

      Dans les techniques telles que Kyô Yuzen, Bingata, Katazome ou Hikizome, le pinceau devient donc l’extension du geste du teinturier. Il permet de moduler la couleur, de jouer avec la transparence des pigments et d’accompagner les rythmes du motif. Chaque type de brosse possède ainsi une fonction particulière, adaptée à une étape précise du processus de teinture.

      Photos : Hiroshi Nakamura / Cécile Hournau

    • Le rumex crépu, allié du mordançage naturel

      Au jardin des plantes tinctoriales de Lauris, un carré est réservé aux plantes dont la racine est essentielle.
On y croise le Rumex crispus L., reconnaissable à ses feuilles longues aux bords ondulés et à sa tige dressée.
      Sous terre, sa racine pivotante concentre fer et acides organiques.
Plante des sols riches et remués, le rumex est ici cultivé pour ce qu’il révèle du sol… et pour ce qu’il apporte à la teinture. Car plus qu’une plante colorante, le rumex est un mordant végétal.

      Rumex_patientia
      Rumex patientia

      Une plante reconnaissable entre toutes

      Vivace et robuste, le rumex se reconnaît à ses longues feuilles étroites aux bords ondulés, d’un vert dense et légèrement froissé. Ces feuilles se développent en rosette à la base, avant qu’une tige dressée n’apparaisse, portant une floraison discrète.
      Mais l’essentiel de la plante reste invisible : sa racine pivotante, épaisse et profondément ancrée dans le sol. C’est dans cette racine que se concentrent les éléments qui intéressent particulièrement les teinturier·e·s : le fer et les acides organiques.

      Une plante bio-indicatrice et voyageuse

      Plante commune des paysages européens, le rumex accompagne les sols travaillés et enrichis depuis des siècles. On le retrouve aujourd’hui dans de nombreuses régions tempérées.
      Nitrophile et bio-indicatrice, sa présence révèle des sols riches, parfois remués, fatigués ou chargés en métaux. Il apprécie les sols frais et humides, mais s’adapte facilement, ce qui explique sa présence fréquente en bords de chemins, prairies, friches ou jardins.

      Le rumex, un mordant végétal avant tout

      En teinture végétale, le rumex n’est pas seulement une plante colorante : il agit surtout comme mordant naturel.

      Ses racines bio-accumulatrices captent le fer présent dans le sol, tandis que la plante contient naturellement de l’acide oxalique. Cette combinaison permet de fixer les pigments sur les fibres, en particulier les fibres protéiques comme la laine ou la soie.
      Ainsi, le rumex offre une alternative aux sels métalliques conventionnels en transmettant au textile les minéraux prélevés dans la terre.

      Bio-mordants

      Les bio-mordants issus du rumex peuvent être utilisés de différentes façons :

      • en mordançage préalable pour préparer la fibre,
      • en bain simultané avec les colorants grâce à la présence de quinones,
      • en bain de modification après teinture pour nuancer une couleur déjà posée.

      Le fer contenu dans ses racines transforme profondément les teintes obtenues.

      Une place dans la constellation des plantes bio-accumulatrices

      Le rumex fait partie d’un ensemble de plantes utiles au mordançage naturel :

      • Sources d’alumine : symplocos, lycopode, écorces de pommiers ou de poiriers sauvages
      • Source de fer : rumex
      • Sources d’acide oxalique : heuchère, rumex, feuilles de rhubarbe

      Récolte et palette de couleurs

      • Racines : récoltées hors floraison, idéalement en automne ou en hiver
        → donnent des jaunes sourds, des verts et des verts bronze
      • Parties aériennes (hampe et graines) : récoltées en automne
        → produisent des tons roux

      Une ressource locale et un choix d’autonomie

      Au jardin tinctorial de Lauris, le rumex est une espèce locale, abondante et précieuse. Sa présence incarne une approche autonome de la teinture végétale : travailler avec les plantes spontanées, celles qui poussent sans être invitées.

      Cultiver et utiliser le rumex, c’est aussi apprendre à écouter le sol. Certaines plantes racontent la terre mieux que n’importe quelle analyse chimique. En retour, elles deviennent, par la teinture, de véritables partenaires de création.

      Et si le sujet vous intéresse, une formation sur ce sujet est présenté ici

      Formation : Teinture naturelle 100% végétale bio-mordants et fermentation

      Formation : Teinture naturelle 100% végétale bio-mordants et fermentation

      Autant de réponses 100% végétales aux questions d’environnement posées aujourd’hui pour une pratique de la teinture végétale toujours plus responsable.

      La formation Teinture naturelle 100% végétale bio mordants et fermentation s’organise autour de bases théoriques et de travaux pratiques permettant de vous entraîner et de maîtriser le choix de ces techniques selon leurs avantages et bien sûr selon leurs possibilités créatives.

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    • Le kakishibu : l’art du kaki fermenté

      Issu de la fermentation de kakis astringents non mûrs, le kakishibu est profondément ancré dans les pratiques artisanales japonaises. À la fois teinture, traitement de surface et agent de protection, il illustre une approche ancienne où la couleur n’est jamais dissociée de la fonction.

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      Un extrait fermenté, entre jus et matière vivante

      Le kakishibu est obtenu à partir de variétés spécifiques de kaki, riches en tanins et impropres à la consommation à l’état cru. Les fruits sont récoltés verts, broyés puis pressés afin d’en extraire un jus épais. Celui-ci est ensuite laissé à fermenter pendant plusieurs mois, parfois plusieurs années. Au fil du temps, le liquide évolue, gagne en stabilité et développe ses propriétés caractéristiques. Plus la fermentation est longue, plus le kakishibu est considéré comme “mûr”, offrant une meilleure tenue et une couleur plus profonde.

      Sa teinte initiale, brun orangé, continue d’évoluer après application. Exposé à l’air et à la lumière, le kakishibu s’oxyde lentement et fonce, passant de tons miel à des bruns profonds. Cette transformation progressive fait partie intégrante de son esthétique : la couleur n’est jamais figée, elle accompagne la vie de l’objet.

      Protéger, renforcer, colorer : les usages traditionnels du kakishibu

      Historiquement, le kakishibu a été utilisé dans des contextes très variés. Les pêcheurs japonais l’appliquaient sur leurs filets pour les renforcer et les protéger de la putréfaction. Les paysans l’employaient pour imperméabiliser et durcir les vêtements de travail, tandis que les artisans l’utilisaient sur le bois, le bambou ou le papier washi afin d’en augmenter la résistance. Dans l’architecture traditionnelle, il servait aussi à traiter des éléments exposés à l’humidité ou aux insectes.

      Cette polyvalence repose sur ses propriétés biologiques remarquables. Le kakishibu présente une forte activité antimicrobienne et antivirale : ses tanins se fixent aux protéines des parois microbiennes et empêchent leur multiplication. Ce mécanisme limite le développement des moisissures, des bactéries et d’autres micro-organismes responsables de la dégradation des matériaux. Bien avant l’ère des traitements industriels, le kakishibu offrait ainsi une solution naturelle, durable et non toxique.

      Une teinture fonctionnelle, lente et évolutive

      En teinture, le kakishibu occupe une place singulière. Contrairement à de nombreuses plantes tinctoriales, il ne nécessite pas de mordançage classique. Les tanins qu’il contient ont une forte affinité pour les fibres cellulosiques et protéiques, ce qui permet une bonne fixation sur le coton, le lin, le chanvre, la soie ou le papier. L’application se fait souvent en plusieurs couches, au pinceau ou par trempage, avec des temps de séchage intermédiaires qui favorisent l’oxydation.

      Les effets visuels du kakishibu sont subtils et profonds. La matière se révèle sous la couleur, les textures restent lisibles, et les irrégularités deviennent des qualités. Utilisé seul, il produit une gamme de bruns chauds ; combiné à d’autres teintures, notamment l’indigo, il permet d’obtenir des noirs, des gris fumés ou des verts assourdis. Ces associations sont particulièrement présentes dans les textiles traditionnels japonais.

      Aujourd’hui, le kakishibu suscite un intérêt renouvelé auprès des artisans, designers et artistes contemporains. Son faible impact environnemental, sa biodégradabilité et ses propriétés fonctionnelles répondent aux préoccupations actuelles autour des matériaux durables.

    • Rencontre autour de la matière

      Quand deux démarches se rejoignent autour du végétal, du geste et de la matière, la collaboration devient naturelle. C’est ainsi qu’est née la rencontre entre Couleur Garance et Hélèna Guy Lhomme, autour d’un même désir d’expérimentation et de respect du vivant.

      Rencontre autour de la matière

      Les échanges, les essais et les recherches menés à l’atelier ont peu à peu donné naissance à une palette de tons terreux et neutres, développée à Couleur Garance. Ces teintes sont devenues la base d’un travail sur la texture de la peau du crocodile, au cœur de la pièce Do not swallow.

      Ce projet prolonge une réflexion commune sur la matière et sa transformation. À travers cette collaboration, nous partageons une même approche circulaire : rien ne se perd, tout se réutilise. Chaque fibre, chaque laine trouve sa place dans un cycle vivant de création, entre expérimentation et artisanat.

      Cette première collaboration ne marque qu’un début. Nous poursuivons nos explorations, avec l’envie de découvrir d’autres fibres, d’autres laines, d’autres plantes et d’autres teintes.

      La pièce Do not swallow fait partie des œuvres invitées au Salon des Beaux-Arts, présenté au Réfectoire des Cordeliers à Paris à partir du 3 décembre.

      Photos : Nicolas Brasseur / Couleur Garance

    • Retour sur le festival Tangible

      Le dimanche 19 octobre, nous avons ouvert les portes de notre atelier à Lauris dans le cadre du festival Tangible, coordonné par Fotokino.
      Une journée dédiée au design et aux savoir-faire locaux, pour faire découvrir notre univers et échanger autour de la couleur naturelle.

      Retour sur le festival Tangible

      Cette ouverture a été l’occasion de parler graphisme, d’expérimenter les couleurs naturelles imprimées et de visiter le jardin des plantes tinctoriales.
      Un moment convivial, rythmé par les rencontres, la curiosité et le plaisir de partager nos pratiques.

      Révélation des illustrations de Diane Bécheras dans les bains de teinture

      Un grand merci à Fotokino et à l’équipe du festival Tangible pour leur invitation, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui sont venus découvrir l’atelier.

    • Une semaine aux couleurs de l’Ajrakh

      La semaine dernière, l’atelier a pris des airs d’imprimerie indienne.
      Entre les blocs de bois, les bains d’indigo et l’odeur des pâtes de réserve, on a accueilli Sufiyan Khatri et Parmett Tesson pour un workshop dédié à l’impression Ajrakh.

      Une semaine aux couleurs de l’Ajrakh

      Pendant plusieurs jours, les gestes se sont répétés, précis, concentrés.
      Superposer les blocs. Aligner les motifs. Retourner le tissu. Imprimer à nouveau. Mais l’Ajrakh, ce n’est pas qu’une technique. C’est une manière de penser la couleur, de composer avec le temps. Les mordants, les bains, le fer, les réserves : chaque étape est une conversation silencieuse entre le tissu et la main.

      Au fil des journées, les discussions ont glissé des gestes aux idées. Comment adapter certaines méthodes ici, en France, sans perdre la justesse du geste ? Comment enrichir nos pratiques respectives entre deux cultures textiles, deux façons d’aborder la teinture naturelle ?

      Ces échanges ont donné naissance à une semaine dense, ponctuée d’essais, de tâtonnements, de découvertes.
      Une semaine où l’on a réaffirmé ce qui nous lie : le goût du partage et la volonté de faire vivre les savoir-faire artisanaux. C’était aussi l’occasion de voir chaque participante s’approprier la technique, à sa manière. Certaines ont respecté les motifs traditionnels à la lettre ; d’autres ont glissé leurs propres nuances, leurs imaginaires. Entre tradition et interprétation, chacune a trouvé sa voie.

      Un grand merci à Sufiyan Khatri, Parmett Tesson et Fayzan Khatri pour leur générosité et leur précision.
      Et à toutes celles qui ont participé, expérimenté, posé des questions, imprimé, recommencé.
      C’est dans ces moments-là que l’on mesure la force de la transmission : celle qui relie les gestes d’hier aux pratiques d’aujourd’hui.

      Pour prolonger l’expérience, on vous invite à jeter un œil à la story à la une “Workshop 2025” sur notre compte Instagram — un pas-à-pas immersif dans le processus de l’Ajrakh tel qu’on l’a pratiqué à l’atelier.

      Et si le sujet vous intrigue, le workshop est présenté ici :
      Impression Textile Ajrakh – Niveau 2

    • Plantes, extraits, pigments : on fait le point

      On l’entend souvent à l’atelier : « Quel pigment pour teindre ce tissu ? » La question est légitime, mais la réponse n’est pas si simple. Oui, il est possible de teindre à partir de pigments, mais pas tels quels, à cause de leur insolubilité. Dans la plupart des cas, la teinture repose plutôt sur des plantes ou des extraits. Pour y voir plus clair, faisons un point sur le vocabulaire et les usages.

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      TermeDéfinitionExemplesUsage
      PlanteMatière première entière ou une partie spécifique (feuilles, racines, écorces, fleurs, fruits, graines), parfois réduite en poudre pour un meilleur rendementFeuilles de noyer, racines de garance, baies de nerprun, peaux de grenadeTeinture accessible et traditionnelle, résultats variables selon le terroir, la saison, la récolte
      ExtraitConcentré de molécules colorantes, préparé à partir de la plante et réduit en poudre.Extrait de garance, extrait de bois de campêche, extrait de rhubarbeTeinture avec dosage précis, teintures reproductibles, facilite le changement d’échelle de production
      PigmentPoudre colorante insoluble obtenue à partir d’une plante ou d’un extrait, par fermentation, précipitation ou transformation chimiqueIndigo (pigment bleu), pigments rouges de la garance, pigments de cochenillePrincipalement utilisé pour les beaux-arts (peinture, aquarelle, encres grasses) et certaines teintures textiles spécifiques (bingata, indigo…)

      Qui fabrique et fournit ces produits ?

      • Plantes : les agriculteurs·trices spécialisés dans les plantes tinctoriales ou les cueilleurs·euses qui récoltent dans la nature.
      • Extraits : produits par des laboratoires ou des entreprises spécialisées, équipés pour isoler et assurent un produit stable et reproductible la plupart du temps.
      • Pigments : préparé par des artisans coloristes, disponible dans les boutiques spécialisées, mais aussi réalisable soi-même à partir de recettes (à base de plantes ou d’extraits)

      Quand utiliser l’un ou l’autre ?

      • Plante : idéale pour la teinture traditionnelle, lorsque l’on recherche un résultat naturel et respectueux des pratiques artisanales.
      • Extrait : pratique pour des teintures reproductibles et stables, notamment pour un changement d’échelle et une production importante.
      • Pigment : principalement pour beaux-arts. Adapté au textile pour des techniques spécifiques.

    • Cosmos sulfureux : une floraison d’été

      Chaque été, nous nous approvisionnons en cosmos sulfureux auprès de Jérémie Terris, qui le cultive dans son jardin à Lauris. Originaire d’Amérique centrale, il s’est adapté aux climats tempérés et fait désormais partie du paysage estival.

      Cosmos sulfureux : une floraison d’été

      Sa floraison est longue et régulière, de la mi-juillet jusqu’aux premières gelées. Les tiges portent des capitules simples, aux pétales légèrement dentelés, regroupés autour d’un cœur jaune. La plante se développe rapidement et supporte bien la chaleur et la sécheresse, ce qui en fait une culture fiable pendant toute la saison.
      La récolte se fait par passages réguliers, tous les deux ou trois jours, afin de prélever les fleurs à maturité optimale. Cette cadence stimule la production et permet de maintenir un couvert fleuri sur plusieurs semaines. Une fois coupés, les capitules peuvent être utilisés frais ou séchés. Les pétales conservent leur teinte vive même après séchage, caractéristique qui explique en partie l’intérêt porté à cette espèce dans différents usages.

      Avec le cosmos, cultivé à quelques minutes de notre atelier, toutes les étapes se jouent à proximité : la plante, la récolte, la préparation. Une organisation locale qui met en valeur le lien direct entre culture et transformation.

    • Norens en papier washi chez Vague Arles

      Actuellement chez Vague Arles, trois norens en papier washi réalisés par Traditional Futures sont à découvrir.

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      L’un d’eux a été teint à l’indigo dans notre atelier, à partir de papier washi, un support original qui réagit de façon délicate à la teinture naturelle.
      Si vous êtes à Arles cet été, passez voir cette installation : une belle manière de découvrir la teinture végétale sur papier.

    • Récolte annuelle de persicaire

      Comme chaque année, on est allé récolter des feuilles fraîches de persicaire. Ça ne se passe qu’une fois par an, à cette période précise : la plante a besoin de chaleur pour pousser, et c’est maintenant qu’elle est à son plein potentiel.

      On s’est rendu au Champs des Couleurs pour la cueillette. Une fois les feuilles ramassées, place à l’extraction. Elles sont plongées dans l’eau pour libérer les précurseurs colorants.
      Quelques heures plus tard, le liquide est prêt. On l’oxygène, l’indigotine apparaît. On filtre, puis on récupère le pigment — l’indigo — qu’on met à sécher.

      Pendant la formation, on a aussi exploré plusieurs applications possibles de ce bleu : cuves à partir de feuilles sèches, fabrication du bleu maya, préparation de différentes pâtes de réserve, application beaux-arts, et quelques techniques de shibori.

      Un aperçu complet des possibilités offertes par la plante


      Pour en savoir plus sur le programme, les prochaines sessions et les modalités d’inscription, rendez-vous sur la page dédiée :

      Formation Indigo extraction et utilisation - 3 jours

      Formation : Indigo extraction et utilisation

      Dans l’univers de la teinture végétale, l’indigo occupe une place unique, entre magie et science.

      Cette formation de 3 jours permet de maîtriser la production du pigment à partir de récoltes de persicaire.

      Vous apprendrez à extraire cet « or bleu » pour la peinture et la teinture, à comprendre la chimie d’une cuve et à monter vos propres bains sur diverses fibres.

      Quantité: